Guerre en Ukraine : départ du chef du renseignement militaire français sept mois après sa nomination


 Le général Eric Vidaud, lors du séminaire du réseau d'innovation des forces d'opérations spéciales, à Martignas-sur-Jalle (Gironde), le 1er juillet 2021.

 Le général Eric Vidaud, lors du séminaire du réseau d'innovation des forces d'opérations spéciales, à Martignas-sur-Jalle (Gironde), le 1er juillet 2021.

Le général Eric Vidaud, lors du séminaire du réseau d'innovation des forces d'opérations spéciales, à Martignas-sur-Jalle (Gironde), le 1er juillet 2021. BENJAMIN GUILLOT-MOUEIX / HANS LUCAS

Le général Eric Vidaud, chef de la Direction du renseignement militaire (DRM), a quitté ses fonctions, mercredi 30 mars. Ce départ, dévoilé mercredi par l'Opinion, et confirmé au Monde par l'état-major des armées, a lieu sur fond de réorganisation de ce service. Il intervient aussi après que le chef d'état-major des armées, le général Thierry Burkhard, a publiquement regretté, notamment dans une interview accordée au Monde le 6 mars, les divergences d'appréciation entre le renseignement hexagonal et anglo-saxon.

« Les Américains disaient que les Russes allaient attaquer, ils avaient raison. Nos services pensaient plutôt que la conquête de l'Ukraine aurait un coût monstrueux et que les Russes avaient d'autres options » pour faire chuter le régime de Volodymyr Zelensky, avait-il alors détaillé. Un constat que le chef d'état-major des armées avait notamment réitéré, le 7 mars, lors d'une intervention devant le Center for a New American Security, un influent think tank américain.

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Dans le cadre de la réorganisation de la DRM, souvent isolée de la puissante direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le général Vidaud devait changer de poste à l'été. Mais il a décidé de précipiter son départ. Avant de prendre la tête du renseignement militaire dans le cadre d'un mouvement de chaises musicales ­inattendu, le général Vidaud avait occupé, de 2019 à 2021, le poste très stratégique de commandant des opérations spéciales.

Auparavant, cet ancien chef de corps du 1er régiment parachutiste d'infanterie de marine (1er RPIMa), était longuement passé par le cabinet de l'ancien ministre de la défense Jean-Yves Le Drian où, de 2012 à 2017, il avait été chef du bureau réservé. Un poste là encore très sensible, qui donne un bon aperçu des relations avec les services de renseignement.

La volonté du chef d'état-major des armées de revoir la façon de travailler la DRM, qui était déjà engagée dans un mouvement important de transformation avant la guerre en Ukraine, notamment sous l'effet d'une hausse de ses effectifs, s'inscrit par ailleurs dans une guerre où la façon de communiquer des états-majors et des services de renseignement a rapidement changé. Les Etats-Unis et les Britanniques, en particulier, ont fait le choix, au fil des mois, de diffuser régulièrement les éléments marquants récoltés par leurs services. Une méthode de « révélations graduelles » sur les intentions de Vladimir Poutine qui a sans doute perturbé les ambitions tactiques de Moscou, les mettant partiellement à découvert.

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