Guerre en Ukraine : il manque en Europe "une vraie politique industrielle et une vraie politique énergétique"


Alors que la Russie a envahi l'Ukraine depuis 19 jours et que les combats se poursuivent, les conséquences économiques de cette crise commencent à se faire sentir chez nous dans la Loire. "Beaucoup sont impactées par les coûts de l'énergie", explique Benoît Fabre, président du Medef de la Loire.

Ça vous fait peut-être bizarre de vois vos collègues de travail sans masque chirurgical sur le visage ce matin. La plupart des restrictions sanitaires sont levées ce lundi matin. Le pass vaccinal est également suspendu. Cette levée de l'obligation du port du masque, c'est une bonne nouvelle selon Benoît Fabre, président du Medef dans la Loire, qui était notre invité sur France Bleu Saint-Étienne Loire. Mais il n'a pas manqué de tacler, au passage, tout ce qui n'avait fonctionné pendant la crise sanitaire.

Le quoi qu'il en coûte ? Une "dette" décalée

"J'espère que nous aurons la sagesse de faire la synthèse de ce que nous avons bien fait dans la gestion de cette crise, de ce que nous avons moins bien fait", confie Benoît Fabre. "Et comment est ce qu'on doit s'organiser pour améliorer les différents systèmes dont on pourrait analyser qu'ils n'ont pas été tout à fait au top. Je pense qu'on a un service système de soins qui a été surpris par la crise et qui a eu comme premier réflexe de demander aux autres de s'adapter de façon à pouvoir gérer. Dans les entreprises, on ne s'adapte pas tout à fait comme ça, on revoit ses process. L'hôpital s'est réorganisé, mais l'hôpital doit maintenant tirer les conséquences sur pourquoi on met autant de temps à former, pourquoi on ne peut pas adapter à certaines choses."

"Le quoi qu'il en coûte, c'est quoi qu'il vous en coûte", enchaîne le patron du Medef. "L'argent de l'Etat, c'est de toute façon l'argent qui est créé par les entreprises et qui est l'impôt. C'est ça le budget de l'Etat. Donc, de toute façon, c'est un choix qui a été fait de décaler une dette qu'il va falloir maintenant regarder comment est ce qu'on l'absorbe."

Problème d'approvisionnement et coût de l'énergie

L'autre préoccupation du Medef de la Loire ne ce moment, ce sont les conséquences économiques de la guerre en Ukraine. "On a des entreprises qui ont des problèmes d'approvisionnement, surtout sur les métaux. Et puis ont a aussi des entreprises qui sont très impactées par le coût de l'énergie. Ça montre quand même qu'au point de vue européen, on est en manque depuis 30 ans d'une vraie politique industrielle et d'une vraie politique énergétique. Il y a quand même des gens qui nous ont expliqué que l'industrie était finie, que l'avenir c'était le tourisme, etc ... Et on se trouve aujourd'hui à se dire qu'on paye son électricité parce que on a créé un marché artificiel de l'électricité pour introduire des gens au nom d'une libre concurrence et qu'on demande aujourd'hui à EDF de donner son énergie pour la racheter. Indexés sur le gaz. Bon, c'est quand même pas très brillant en matière de gestion."

Quant au "plan de résilience" que prépare en ce moment le gouvernement, il va falloir selon Benoît Fabre "déterminer de façon très importante quels sont les secteurs industriels cibles que l'on veut absolument garder." "Il faut se poser la question de savoir quels sont les secteurs à valeur ajoutée qu'on veut booster dans notre pays. Il faut être cohérent entre la politique de l'Etat et la volonté politique parce qu'on nous dit qu'on va industrialiser, mais en même temps, on nous bloque toute construction ou tout foncier. Donc ça, c'est quand même assez problématique."

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