Guerre en Ukraine : les navires transportant du gaz circulent encore en provenance de Russie


Pipelines menant au champ gazier de Bovanenko, ​​sur la péninsule de Yamal, au nord-ouest de la Sibérie, le 21 mai 2019.

Pipelines menant au champ gazier de Bovanenko, ​​sur la péninsule de Yamal, au nord-ouest de la Sibérie, le 21 mai 2019.

Pipelines menant au champ gazier de Bovanenko, ​​sur la péninsule de Yamal, au nord-ouest de la Sibérie, le 21 mai 2019. ALEXANDER NEMENOV/AFP

Pendant la guerre, la valse des bateaux continue. Alors que l'Union européenne a pris des sanctions très fortes à l'égard de la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine, un secteur poursuit ses activités comme si de rien n'était : les hydrocarbures. La Commission européenne a promis de diversifier ses approvisionnements en gaz et en pétrole pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles russes… à terme.

Mais, en attendant, l'Europe a besoin de grandes quantités de gaz et, si elle en importe essentiellement par gazoduc depuis la Russie, elle a développé ces dernières années les livraisons par bateaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Cet acheminement par voie maritime a constitué environ 20 % des importations européennes de gaz en 2021, principalement depuis les Etats-Unis, mais aussi depuis le Qatar, la Russie, le Nigeria ou l'Algérie.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Sous pression, TotalEnergies amorce une timide réduction de son activité en Russie

Le site de Yamal, situé en Arctique, illustre cette nouvelle appétence – et encore plus depuis le début de la guerre en Ukraine. Ce méga-site gazier, détenu par le russe Novatek, le français TotalEnergies (ex-Total) et deux entités chinoises, dispose d'une flotte de 15 immenses navires brise-glace qui transportent du gaz refroidi à une température extrême pour le rendre liquide.

Depuis le 24 février, 23 méthaniers ont quitté les eaux glacées du port de Sabetta, près de Yamal, selon une comptabilité réalisée par Le Monde, avec l'aide de plusieurs experts. Il faut dire que le commerce de gaz par bateaux n'a jamais été aussi profitable : compte tenu de l'envolée des prix du gaz provoquée par la guerre, les revenus sont deux à trois fois supérieurs qu'en temps normal. Les 23 bateaux partis de Yamal représentent plus 3,7 milliards de mètres cubes de gaz importés depuis le début de la guerre. A titre de comparaison, en mars 2021, l'Europe avait importé deux fois moins de gaz de la même source.

Plusieurs de ces livraisons ont concerné la France : quatre de ces géants des mers sont arrivés à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), près de Saint-Nazaire, et un cinquième à Dunkerque (Nord). Les groupes pétrogaziers assurent que ces livraisons sont nécessaires à l'approvisionnement en période hivernale d'une Europe très dépendante du gaz. Mais une analyse plus fine des données montre que plusieurs chargements ont en réalité été transbordés. Au moins trois bateaux orientés vers l'Europe ont ainsi transféré leur cargaison à d'autres bateaux en direction de l'Asie, où le gaz sera vendu encore plus cher, compte tenu de la forte demande chinoise. Mardi, au moins neuf navires de la flotte de Yamal étaient en mer chargés de gaz vers une destination non identifiée.

Il vous reste 33.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Post a Comment

0 Comments

Fail to remember Significant Banking companies. It pays to be smaller