Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie a également été accusée de faire courir un risque de "famine" en ayant déclenché le conflit.
L'Ukraine et ses alliés occidentaux attendent ce mercredi 30 mars avec scepticisme la "réduction de l'activité militaire" autour de Kiev et d'une autre grande ville annoncée par Moscou à l'issue de pourparlers de paix. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vu des signes "positifs" dans ces négociations qui pourraient ouvrir la voie à une rencontre entre Vladimir Poutine et lui.
Pendant ce temps, la situation est toujours alarmante en Ukraine où 12 personnes ont été tuées à Mykolaïv dans des frappes russes, selon un dernier bilan. Par ailleurs, la Russie est accusée par l'ONU de provoquer une crise alimentaire mondiale en ayant décidé l'invasion du pays.
La Russie accusée d'avoir provoqué une "crise alimentaire mondiale"Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie a été accusée mardi d'avoir provoqué une "crise alimentaire mondiale" voire de faire courir un risque de "famine" en ayant déclenché une guerre contre l'Ukraine, le "grenier à blé de l'Europe". Le président russe "Vladimir Poutine a commencé cette guerre. Il a créé cette crise alimentaire mondiale. Et il est celui qui peut l'arrêter", a martelé la numéro deux de la diplomatie américaine Wendy Sherman lors d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation humanitaire en Ukraine.
LIRE AUSSI >> Au Liban, la guerre en Ukraine fait craindre une pénurie alimentairePour la secrétaire d'Etat adjointe, "la Russie et le président Poutine portent, seuls, la responsabilité d'avoir fait la guerre à l'Ukraine et des conséquences de cette guerre sur la sécurité alimentaire mondiale". L'ambassadeur de France à l'ONU Nicolas de Rivière a enfoncé le clou : "L'agression de la Russie contre l'Ukraine accroît le risque de famine à travers le monde. Les populations des pays en voie de développement sont les premières touchées."
Des discussions "substantielles" ouvrant la voie à une rencontre Zelensky-PoutineLes conditions pour une première rencontre entre le président ukrainien et son homologue russe depuis le début de l'invasion russe sont désormais possibles, ont indiqué Kiev et Moscou après plusieurs heures de pourparlers russo-ukrainiens mardi 29 mars à Istanbul.
LIRE AUSSI >> Pourparlers Ukraine-Russie : quel avenir pour les territoires conquis par les Russes ?Vidéo: Ukraine : les chars russes aux portes de Kiev (France 24)
Ukraine : les chars russes aux portes de Kiev
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"Les négociations sur un accord sur la neutralité et le statut non nucléaire de l'Ukraine entrant dans une dimension pratique (...), il a été décidé, pour accroître la confiance, de réduire radicalement l'activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv", a déclaré le vice-ministre russe de la Défense. "Après la discussion substantielle d'aujourd'hui, nous nous sommes entendus et proposons que la rencontre se fasse pour parapher l'accord", a ajouté le chef de la délégation russe et représentant du Kremlin, Vladimir Medinski.
L'Ukraine acceptera d'être neutre si elle obtient un "accord international" pour garantir sa sécurité, dont seraient signataires plusieurs pays agissant en tant que garants, a détaillé le négociateur en chef ukrainien à Istanbul, David Arakhamia.
Washington, Paris, Londres, Berlin et Rome circonspectsLes dirigeants américain, français, britannique, allemand et italien se sont montrés de leur côté circonspects après l'annonce des avancées dans les discussions russo-ukrainiennes. Joe Biden, Emmanuel Macron, Boris Johnson, Olaf Scholz et Mario Draghi ont mis en garde, lors d'une conversation téléphonique, contre tout "relâchement de la détermination occidentale tant que l'horreur infligée à l'Ukraine ne serait pas terminée", selon Downing Street.
LIRE AUSSI >> Guerre en Ukraine : "Le niveau de pensée de Poutine s'est considérablement affaissé"Ils se sont aussi dit d'accord pour "continuer d'accroître le coût payé par la Russie", selon la Maison-Blanche. Joe Biden a déclaré en particulier qu'il attendait de voir si la Russie "tient parole" sur une réduction de son activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv.
Au moins douze morts dans une frappe à MykolaïvDouze personnes ont été tuées et au moins 33 autres blessées mardi dans une frappe russe ayant partiellement détruit le bâtiment de l'administration régionale de Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine, selon un nouveau bilan donné par les secours ukrainiens. Les forces russes ont par ailleurs bombardé l'aérodrome militaire de Starokostiantyniv (ouest), détruisant tous les stocks de carburant de cette ville, a annoncé son maire.
Près de quatre millions de réfugiésLe nombre de réfugiés ayant fui l'Ukraine depuis l'invasion ordonnée par Vladimir Poutine se rapproche de la barre symbolique des quatre millions qui pourrait être franchie dans les tout prochains jours, selon l'ONU, estimant à presque 6,5 millions le nombre de déplacés à l'intérieur du pays.
LIRE AUSSI >> Accueillir des réfugiés ukrainiens chez soi : "Ce n'est pas une décision à prendre à la légère"Avec 3 901 713 réfugiés ukrainiens, principalement des femmes et des enfants, l'Europe n'a pas connu de tels flots de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.
Un risque d'arrestation arbitraire pour les Américains en RussieLes citoyens américains en Russie risquent d'être arbitrairement arrêtés par les autorités, a averti mardi le département d'Etat, qui a renouvelé son appel à ne pas se rendre dans le pays ou à le quitter immédiatement. Le département d'Etat a mis en garde contre "la possibilité de harcèlement de citoyens américains" par les forces de sécurité russes, "y compris l'arrestation" et "l'application arbitraire de la loi locale", en raison de la position de Washington concernant l'invasion russe de l'Ukraine et des sanctions imposées à Moscou.
Cet avertissement a été publié alors que la star américaine de basket-ball Brittney Griner est détenue en Russie depuis plus d'un mois. Elle a été interpellée le 17 février dans un aéroport proche de Moscou avec "des vapoteuses et un liquide présentant une odeur particulière" d'huile de cannabis, selon les douanes russes.
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