► Tout Marioupol sous contrôle russe, sauf l'usine Azovstal
Au 57e jour de l'invasion russe de l'Ukraine, plusieurs centaines de civils, manquant de vivres et d'eau, sont retranchés dans l'usine sidérurgique et métallurgique d'Azovstal avec le 36e bataillon de l'armée ukrainienne et le bataillon Azov, les deux dernières unités combattantes à Marioupol, selon les autorités ukrainiennes.
→ RELIRE. Guerre en Ukraine, jour 56 : échec du couloir humanitaire à Marioupol, les combats s'intensifient dans l'est et le sud
« Nous sommes prêts à quitter Marioupol avec l'aide d'un tiers », munis d'armes, « afin de sauver les personnes qui nous ont été confiées », indiquait jeudi Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du bataillon Azov, sur Telegram.
« La situation est difficile voire critique », a-t-il poursuivi, dans cette immense usine où seraient également retranchés « environ un millier de civils, femmes et enfants » et « des centaines de blessés », selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Il est impossible de confirmer de manière indépendante le nombre de civils bloqués à l'intérieur de l'usine.
Selon le ministère russe de la défense, toute la ville, à l'exception du complexe sidérurgique Azovstal, est sous contrôle russe. Vladimir Poutine s'est félicité jeudi du « succès » de ses troupes et de « la fin du travail de libération » de la ville. Le maître du Kremlin a enfin donné à ses soldats l'ordre d'assiéger la zone industrielle « de telle manière à ce que pas une seule mouche ne passe ».
► Difficile évacuation à MarioupolLe couloir humanitaire, qui avait en principe été négocié pour permettre mercredi l'évacuation des civils de Marioupol, « n'a pas fonctionné », a déclaré dans la soirée la vice-première ministre ukrainienne. Elle a reproché aux Russes d'avoir violé le cessez-le-feu et bloqué les cars, tandis que Moscou a accusé « les autorités de Kiev d'avoir cyniquement sabordé cette opération humanitaire ».
Quatre bus d'évacuation de civils ont toutefois réussi à quitter la ville, a-t-elle précisé jeudi. Plus tôt, Kiev avait proposé une « session spéciale de négociations » sur le sort de cette ville stratégique, qui permettrait à Moscou de faire la jonction entre la Crimée, qu'elle a annexée en 2014, et les républiques séparatistes prorusses du Donbass.
► Augmentation de la présence russe dans l'Est et le SudSelon un haut responsable américain du département de la défense, la Russie a augmenté sa présence militaire dans l'est et le sud de l'Ukraine. Le ministère ukrainien de la défense faisait état mercredi de « tentatives d'assaut » sur les localités de Soulyguivka et Dibrivné, dans la région de Kharkiv (est), ainsi que sur Roubijné et Severodonetsk, dans la région de Lougansk (est).
→ EXPLICATION. Guerre en Ukraine : pourquoi Poutine et la Russie veulent s'emparer du Donbass
« La situation se complique d'heure en heure », a écrit sur Telegram le gouverneur de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, renouvelant ses appels aux civils à évacuer. Les bombardements s'intensifiaient aussi dans le Sud, notamment sur les villages de Mala Tokmatchka et d'Orikhiv, à 70 km au sud-est de Zaporijjia.
► Des civils morts présentant des « signes de torture »Les corps de neuf civils ont été retrouvés mercredi à Borodianka, près de Kiev, certains présentant des « signes de torture », a annoncé la police de la capitale ukrainienne dans la nuit de mercredi à jeudi.
« Ces personnes ont été tuées par les occupants (russes) et certaines des victimes présentent des signes de torture », a accusé sur Facebook le chef de la police locale, Andriï Nebytov. Borodianka a été, selon Kiev, le théâtre de « massacres de civils » durant le mois de mars, lorsque les forces russes occupaient la ville.
► La Russie boycottée au G20Des ministres des finances et des banquiers centraux du G20 dont la secrétaire américaine au trésor Janet Yellen, réunis mercredi en marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale, ont quitté la séance plénière ou éteint leur écran pour protester contre la présence de la Russie.
→ ANALYSE. Guerre en Ukraine : la difficile mise au ban de la Russie lors des sommets économiques
La présidence indonésienne avait été pressée d'exclure Moscou du G20 en réponse à son invasion de l'Ukraine mais s'y était refusée au nom de l'impartialité.
►Les premiers ministres espagnols et danois à KievLe premier ministre espagnol Pedro Sanchez est arrivé jeudi matin avec son homologue danoise Mette Frederiksen à Kiev où ils doivent tous deux rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Pedro Sanchez avait indiqué mercredi qu'il transmettrait au président ukrainien, lors de ce déplacement, « l'engagement sans faille, clair de l'Union européenne » et de l'Espagne « pour la paix ».
0 Comments