Un convoi de la Croix-Rouge doit se rendre ce samedi 2 avril à Marioupol pour tenter une nouvelle fois d'évacuer des civils de la ville portuaire assiégée. Plusieurs dizaines de milliers de personnes y sont piégées, avec un accès de plus en plus restreint à l'eau potable et à la nourriture.
Un convoi de la Croix-Rouge doit se rendre ce samedi 2 avril à Marioupol pour tenter une nouvelle fois d'évacuer des civils de la ville. Encerclée depuis les tout premiers jours de l'invasion de l'Ukraine par la Russie lancée le 24 février, cette ville portuaire stratégique de la mer d'Azov est le principal objectif de Moscou dans la région du Donbass.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes y sont piégées, avec un accès de plus en plus restreint à l'eau potable et à la nourriture. Après des semaines de bombardements, les autorités locales ont fait état d'au moins 5 000 habitants tués.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a envoyé le vendredi 1er avril une équipe chargée d'escorter un convoi de plus de 50 bus et de véhicules privés afin d'évacuer une partie de la population civile mais cette équipe a renoncé, jugeant que les conditions d'une évacuation n'étaient pas réunies. « Nos équipes tenteront à nouveau le samedi [2 avril] de faciliter le passage des civils en toute sécurité » a déclaré le CICR dans un communiqué.
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Situation humanitaire catastrophique
Les évacuations de civils, impossibles pendant des semaines, se font désormais progressivement. Vendredi 1er avril, l'AFP a observé une trentaine de bus d'évacuation entrer dans la ville de Zaporojie, certains d'entre eux transportant des personnes qui avaient fui Marioupol par leurs propres moyens, puis avaient été emmenées en bus vers le territoire contrôlé par l'Ukraine.
« Vendredi 1er avril, les couloirs humanitaires ont fonctionné dans trois régions : Donetsk, Lougansk et Zaporojie. Nous avons réussi à sauver 6 266 personnes, dont 3 071 de Marioupol », a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky via une vidéo diffusée dans la nuit de vendredi à samedi.
« 1 431 personnes ont voyagé de Berdiansk et Melitopol par leurs propres moyens vers Zaporojie. 771 d'entre elles venaient de Marioupol », et « 42 bus de la ville de Berdiansk avec des habitants de Marioupol et 12 de Melitopol avec des résidents locaux » étaient en route en soirée vers Zaporojie, pour un total de « plus de 2 500 personnes », a précisé la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, soulignant que d'autres évacuations étaient « attendues et planifiées » dans la journée de samedi.
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De « bonnes nouvelles » attendues
Olexi Arestovitch, un conseiller du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a ainsi déclaré que Kiev s'attendait à de bonnes nouvelles ce week-end concernant les évacuations. « Notre délégation est parvenue à un accord à Istanbul afin de permettre des évacuations », a-t-il dit à la télévision ukrainienne en référence aux négociations avec la Russie cette semaine en Turquie. « Je crois qu'aujourd'hui ou peut-être demain, nous aurons de bonnes nouvelles concernant l'évacuation des habitants de Marioupol. »
« J'espère qu'il y a encore des solutions concernant la situation à Marioupol », a abondé Volodymyr Zelensky. « Le monde entier se doit de réagir à cette catastrophe humanitaire. »
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