
Les décisions ont été dévoilées trois jours après la découverte de civils exécutés par les forces russes lors de leur retrait de la région de Kiev. Mais elles étaient en préparation bien avant, en concertation avec Washington et les capitales de l'Union européenne. La France et l'Allemagne ont annoncé, lundi 4 avril, l'expulsion de diplomates russes considérés comme des espions. Un total de 35 agents vont devoir quitter Paris, et 40, Berlin.
« Les activités [de ces personnels] sont contraires à nos intérêts de sécurité », a fait savoir la diplomatie française, dans un communiqué très succinct. D'après la ministre allemande des affaires étrangères, Annalena Baerbock, ces employés de l'ambassade de Russie à Berlin constituaient « une menace pour ceux et celles qui cherchent une protection chez nous ». « Nous ne le tolérerons plus », a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, la Lituanie a décidé d'expulser l'ambassadeur russe à Vilnius « en réponse à l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine souveraine et aux atrocités commises par les forces armées russes ». Ces actes ont continué, lundi, à être dénoncés par les Occidentaux. A son tour, le président américain, Joe Biden, a réclamé un « procès pour crimes de guerre » et des « sanctions supplémentaires » contre Moscou. « Il faut qu'il rende des comptes », a-t-il ajouté à propos de son homologue russe, Vladimir Poutine, répétant qu'il le considérait comme un « criminel de guerre ».
Si elles marquent un tournant de la part de Paris et de Berlin, qui cherchent à maintenir un canal de communication avec le Kremlin, ces expulsions d'agents russes ne sont pas les premières pour le continent. Les pays baltes ont annoncé, dès le début de l'invasion de l'Ukraine, le 24 février, l'expulsion d'une dizaine de représentants diplomatiques, et Moscou a répliqué avec une mesure similaire.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Guerre en Ukraine : des « diplomates » russes expulsés de certains pays de l'Union européenneLa Bulgarie a déclaré dix diplomates persona non grata dès le 18 mars. Le 22 mars, la Pologne a acté l'expulsion de 45 diplomates. « Nous détruisons avec force et conséquence les réseaux des agences de renseignement russes sur notre territoire, avait alors commenté le ministre de l'intérieur et coordinateur des services spéciaux, Mariusz Kaminski. Ce sont des personnes qui opèrent sous couvert d'un statut diplomatique, mais qui conduisent de fait des actions d'espionnage contre la Pologne. »
Mardi 29 mars, la Belgique, l'Irlande et les Pays-Bas ont agi presque simultanément. Vingt et un espions présumés étaient invités à quitter Bruxelles ; quatre, à quitter Dublin, tandis que le gouvernement de La Haye prévenait que 17 des 65 membres de l'ambassade russe, soupçonnés d'être des « officiers de renseignement », seraient expulsés du royaume.
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