Guerre en Ukraine : les alliés de Kiev poursuivent discrètement leurs livraisons d’armes


Des soldats ukrainiens chargent des lance-missiles américains Javelin dans un camion, sur le tarmac de l'aéroport international Boryspil, près de Kiev, le 11 février 2022.

Des soldats ukrainiens chargent des lance-missiles américains Javelin dans un camion, sur le tarmac de l'aéroport international Boryspil, près de Kiev, le 11 février 2022.

Des soldats ukrainiens chargent des lance-missiles américains Javelin dans un camion, sur le tarmac de l'aéroport international Boryspil, près de Kiev, le 11 février 2022. SERGEI SUPINSKY / AFP

Les atrocités contre des civils attribuées aux soldats russes dans la région de Kiev et le redéploiement militaire en cours autour du Donbass poussent le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à exiger des livraisons supplémentaires d'armes de la part des Occidentaux. Leur ligne rouge n'a cependant pas bougé : ne surtout pas apparaître comme des cobelligérants face à la Russie, au moment où le conflit entre dans une nouvelle phase, sans davantage d'espoir de cessez-le-feu.

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Mardi 5 avril, les Etats-Unis ont néanmoins annoncé débloquer jusqu'à 100 millions de dollars afin de fournir en urgence aux Ukrainiens de nouveaux systèmes antichars Javelin, « si efficacement utilisés pour défendre leur pays », a souligné le Pentagone. « Le temps n'est pas à la complaisance », avait déclaré, la veille, Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale. Mais ce soutien massif sur le plan des livraisons d'armes se fait en partie dans l'ombre. Si certains détails ont pu filtrer sur les transferts d'armes dites « défensives », M. Sullivan a plaidé la confidentialité s'agissant d'autres systèmes très sensibles, pour des raisons opérationnelles et politiques. On ne connaît pas non plus le degré d'intégration du renseignement américain – notamment par moyens satellitaires – dans les actions militaires ukrainiennes, permettant de déterminer les cibles russes à viser.

La Maison Blanche se refuse ainsi à confirmer les informations du New York Times au sujet des chars. Vendredi 1er avril, le quotidien avait expliqué que l'administration Biden avait accepté le principe du transfert de chars de fabrication soviétique, détenus par des pays alliés. Mais ni leur nombre, ni le calendrier pour leur acheminement n'étaient précisés. Interrogé dimanche sur CNN, le secrétaire d'Etat, Antony Blinken, n'a pas reconnu un tel feu vert. Il a rappelé que son pays avait déjà accordé 2,3 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros) d'aide militaire à l'Ukraine, dont 1,6 milliard au cours du premier mois de guerre. Seule la République tchèque a confirmé, mardi, le départ, en train, d'un convoi de chars d'origine soviétique, en accord avec les alliés de l'OTAN.

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Les Etats baltes restent les plus mobilisés, mais avec des moyens limités. Le chef des forces de défense estoniennes, le lieutenant général Martin Herem, a affirmé, dimanche 3 avril, qu'un grand nombre d'armes plus lourdes était nécessaire, mais que l'Estonie n'était pas en mesure de les fournir. « Notre assistance concrète dépend davantage de la capacité de production et de la possibilité de livrer ces équipements dans les plus brefs délais que de la somme que nous sommes prêts à allouer », a, de son côté, déclaré, mercredi 6 avril, le président lituanien, Gitanas Nauseda. Quant à la Lettonie, elle exhorte elle aussi les membres de l'OTAN à élargir leur assistance militaire.

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