Guerre en Ukraine : Soumy «libérée», attaque mortelle à la gare de Kramatorsk... le point sur le 43e jour de combat


Le monde est encore secoué par les images. Depuis que les troupes russes ont quitté les villes de la région de Kiev, les découvertes de cadavres et d'habitations détruites se multiplient, laissant entrevoir les « crimes contre l'humanité » suspectés d'avoir été commis. Pour montrer son soutien au peuple ukrainien, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, se rendent à Kiev ce vendredi.

Tirs de roquette sur la gare de Kramatorsk

Au moins 30 personnes ont été tuées et une centaine blessées après que deux roquettes se sont abattues vendredi matin sur la gare de Kramatorsk, dans l'Est de l'Ukraine, par laquelle des milliers de personnes sont évacuées depuis plusieurs jours vers le reste du pays. Un journaliste de l'AFP a vu les corps dans des sacs mortuaires d'au moins 20 personnes. Présent sur place plus tôt, il avait constaté que des centaines de personnes espéraient encore y trouver un train pour quitter la ville, sous menace d'une offensive russe majeure. « Deux roquettes sont tombées sur la gare de Kramatorsk », avait précisé la compagnie ferroviaire ukrainienne.

Évacuations à l'Est

Ce vendredi encore, les autorités locales tentent d'organiser l'évacuation de la population à l'est du pays - et notamment dans le Donbass - où elles redoutent une offensive russe particulièrement violente. Les départs, en partie organisés par train, avaient dû être interrompus en raison de dommages sur une partie de la voie ferrée. Ils ont pu reprendre dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué le gouverneur de la région de Lougansk, Sergueï Gaïdaï.

« Trois trains d'évacuation transportant des habitants de la région de Lougansk et de Donetsk ont pu partir vers l'Ouest. La voie a été réparée », a-t-il précisé tôt vendredi. « Toutes les horreurs que nous avons connues risquent d'empirer. Ne vous condamnez par à la mort vous-mêmes ! Partez ! Les prochains jours seront la dernière chance » pour une évacuation, avait-il lancé la veille. Un « grand nombre » d'évacués sont déjà arrivés à Dnipro, a annoncé jeudi le maire de cette ville industrielle d'un million d'habitants sur le Dniepr, le fleuve qui marque la limite des régions orientales du pays.

Selon le ministère britannique de la Défense, les forces russes qui avaient été déployées dans le nord de l'Ukraine se sont « totalement retirées » en Biélorussie ou en Russie. « Au moins une partie » seront « redéployées dans l'Est pour combattre dans le Donbass, mais ont besoin d'un « réapprovisionnement significatif » et une telle opération prendrait « au moins une semaine », a estimé le ministère dans un communiqué publié vendredi sur Twitter.

Soumy « libéré »

Outre la région de Kiev, celle de Soumy, au nord-est de l'Ukraine, à la frontière avec la Russie est « totalement libérée », selon son gouverneur. « Le territoire de la région est libéré des Orcs », a déclaré Dmytro Jivitsky sur Telegram, en utilisant le surnom, tiré du livre « Le Seigneur des anneaux », qui est fréquemment donné aux soldats russes en Ukraine. Il a ajouté toutefois que la zone n'était « pas sûre » et que des opérations de déminage étaient en cours.

Pas de fin des combats avant le 9 mai

Selon Emmanuel Macron, la guerre en Ukraine ne s'arrêtera pas « dans les jours qui viennent » notamment parce que Vladimir Poutine a les yeux rivés sur la date du 9 mai, qui correspond à la capitulation de l'Allemagne nazie en 1945 face aux Alliés (dont l'URSS) - le 8 mai en France.

« Il est à peu près sûr que, pour le président Poutine, le 9 mai doit être un jour de victoire », donc « je pense que les prochaines semaines ne donneront pas lieu à beaucoup de concessions diplomatiques de la part de la Russie », a prédit Emmanuel Macron sur RTL, redoutant au passage « des scènes très difficiles dans les prochains jours et prochaines semaines dans le Donbass ».

Les soldats ukrainiens accusés d'exactions

Plusieurs médias, dont Le Monde, rapportent l'existence de vidéos - dont certaines ont été authentifiées - montrant des soldats ukrainiens commettant des exactions sur des troupes russes. Sur l'une d'elles, on les voit tirer dans les jambes de soldats russes dont les mains sont attachées. Sur une autre, des hommes achèvent un Russe visiblement inconscient. Interrogé sur le sujet ce vendredi sur BFMTV, Oleksiy Arestovitch, conseiller militaire de Volodymyr Zelensky, a assuré que si les faits étaient avérés, ils avaient été commis « en dehors du cadre » militaire officiel. Dès le début de la guerre, « j'ai signé des documents précisant que chaque militaire devait respecter la convention de Genève », a-t-il assuré.

Borodianka « pire » que Boutcha

Après Boutcha, l'horreur en Ukraine pourrait prendre un nouveau visage : celui de la ville de Borodianka, où la situation serait « encore pire », selon les mots du président Volodymyr Zelensky. Comme il l'a expliqué dans une vidéo sur Telegram, il y aurait « plus de victimes » dans cette ville du nord-ouest de Kiev. Vingt-six corps ont été extraits par les secouristes ukrainiens des décombres de deux immeubles d'habitation à Borodianka, au nord-ouest de Kiev, a annoncé jeudi sur Facebook la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova. Ce vendredi matin, Oleksiy Arestovitch, conseiller militaire de Volodymyr Zelensky, a expliqué sur BFMTV qu'il y avait « beaucoup plus de bâtiments détruits » à Borodianka qu'à Boutcha.

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