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► Marioupol tient toujours

Le port stratégique de Marioupol, assiégé depuis le début de l'invasion russe et que Moscou assure avoir « libéré », résiste encore, affirme Kiev. Selon les autorités ukrainiennes des milliers de combattants continuent à se battre pour défendre l'immense complexe métallurgique Azovstal.

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La chute totale de Marioupol, un grand port industriel sur la mer d'Azov devenu ville martyre et champ de ruines après bientôt deux mois de pilonnage et de siège russes, constituerait une victoire importante pour Moscou. La Russie pourrait ainsi relier la Crimée annexée en 2014 avec les zones séparatistes prorusses dans la région du Donbass.

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Jeudi, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que les forces russes avaient « libéré » Marioupol, ordonnant d'assiéger les derniers civils et combattants ukrainiens plutôt que de donner l'assaut sur le site industriel d'Azovstal où ils sont retranchés. Aucun couloir humanitaire n'est ouvert ce vendredi en Ukraine. La veille, trois bus de civils sont parvenus à sortir de Marioupol vers la ville de Zaporijijia.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a assuré dans une vidéo que la bataille était toujours en cours : « Ils ne peuvent que retarder l'inévitable – le moment où les envahisseurs devront quitter notre territoire, en particulier Marioupol, une ville qui continue de résister à la Russie, malgré tout ce que disent les occupants. »

► Des fosses communes près de Marioupol

De récentes images satellites publiées par la société américaine Maxar Technologies montrent par ailleurs, selon la compagnie, « l'existence d'un site de fosses communes dans le nord-ouest de Manhush », un village à 20 kilomètres à l'ouest de Marioupol. Dans cette localité, « les occupants auraient enterré entre 3 et 9 000 résidents », a affirmé sur Telegram la mairie de Marioupol.

Autour de Kiev, les sépultures de fortune découvertes à proximité d'un hôpital de la ville dévastée de Borodianka ont offert des éléments aux experts enquêtant sur les accusations de crimes de guerre portées contre les troupes russes. Les autorités ont déclaré que neuf cadavres de civils avaient été exhumés de ces tombes.

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Les enquêteurs ont rassemblé plus de 1 000 corps de civils retrouvés dans des rues ou des sépultures improvisées dans les environs de la capitale ukrainienne. Certains avaient les mains et les pieds liés ou des blessures par balle dans la nuque, ont expliqué jeudi des responsables.

Cette enquête s'inscrit dans le cadre de l'enquête sur ce qu'Oleksandre Pavliouk, chef de l'administration militaire régionale de Kiev, a qualifié d'« atrocités » commises à la suite de l'invasion des troupes russes, qui ont par la suite été contraintes de se retirer de la région.

► Sept milliards d'euros par mois de perte

Volodymyr Zelensky a estimé, devant les dirigeants du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, à près de 7 milliards d'euros par mois l'aide nécessaire pour compenser les pertes économiques causées par la guerre. Selon le président ukrainien, la Russie cherche à « détruire tous les objets en Ukraine qui peuvent servir de base économique ».

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Jeudi soir, le président américain Joe Biden a qualifié « les grandes ambitions » de Vladimir Poutine « d'échec ». « Zelensky et son gouvernement démocratiquement élu sont toujours au pouvoir, et les forces armées ukrainiennes accompagnées par les vaillants civils ukrainiens ont déjoué la conquête russe de leur pays », a-t-il noté.

► Le risque d'un faux référendum d'indépendance dans le Sud

Le président ukrainien a accusé la Russie de chercher à organiser un faux référendum d'indépendance dans les régions de Kherson et Zaporijjia qu'elle occupe dans le sud du pays. Dans un message vidéo, il a demandé aux habitants des zones sous occupation de ne fournir aucune donnée personnelle, comme leurs numéros de passeport, que leur réclameraient les forces russes.

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« Ce n'est pas juste pour mener un recensement. (…) Ce n'est pas pour vous donner de l'aide humanitaire d'aucune sorte. C'est en fait pour falsifier un soi-disant référendum sur votre terre, si l'ordre d'organiser cette comédie arrive de Moscou », a averti le président ukrainien.

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