La guerre en Ukraine, angle d’attaque numéro un contre Mélenchon à gauche


Devant la plage du Prado où a eu lieu le meeting de Jean-Luc Mélenchon, à Marseille, le 27 mars 2022.

Devant la plage du Prado où a eu lieu le meeting de Jean-Luc Mélenchon, à Marseille, le 27 mars 2022.

Devant la plage du Prado où a eu lieu le meeting de Jean-Luc Mélenchon, à Marseille, le 27 mars 2022. CYRIL BITTON/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Un « révélateur » pour les uns, la matière à de néfastes controverses et à quelques changements de pied pour les autres. Avec l'irruption de la guerre en Ukraine dans la campagne présidentielle, Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts) et Anne Hidalgo (Parti socialiste) ont trouvé le sujet pour attaquer le candidat de l'Union populaire, Jean-Luc Mélenchon, qui fait la course en tête à gauche. Dans les sondages, difficile pour l'heure de distinguer l'effet de ces critiques sur les électeurs de gauche.

Pensent-ils, comme le prétendait Yannick Jadot, mardi sur LCI, que la guerre a révélé « des principes, des valeurs », avec, d'un côté, « ceux qui défendent la démocratie partout » et, de l'autre, « certains qui considèrent que la démocratie, c'est important chez soi, mais quand ce sont les autres, ça peut être relativisé » ? Sont-ils sensibles à l'argument d'Anne Hidalgo, qui, dans L'Express, a estimé que Jean-Luc Mélenchon, comme Marine Le Pen et Eric Zemmour, faisait partie « des agents qui ont servi les intérêts de Poutine plutôt que ceux de la France, en essayant d'atténuer ce que le régime russe préparait contre l'Europe et nos modèles démocratiques » ? Le vote le dira. Une chose est sûre, la guerre en Ukraine n'a pas fait bouger le logiciel géopolitique de Jean-Luc Mélenchon, si décrié par ses concurrents, mais elle l'a obligée à adapter un peu la forme.

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Le leader de La France insoumise (LFI) a réduit la place accordée dans ses discours à la thèse de la sphère d'influence russe, à celle des provocations dont se seraient rendus coupables les Occidentaux par le biais de l'OTAN. De l'Ukraine, il disait, en 2015, « ce pays qui a tant de mal à en être un », dans une note de blog, où il estimait par ailleurs que Vladimir Poutine était « la première victime politique » de l'assassinat de l'opposant Boris Nemtsov. Depuis, il s'est rangé du côté du « peuple ukrainien ». Quant au président russe, il « ne doit pas rêver, il sera au ban de la communauté internationale », disait-il sur France Inter, mercredi. Mais dans cette guerre, Jean-Luc Mélenchon reconnaît tout au plus une erreur d'appréciation. Et encore, il l'impute à d'autres.

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Au même micro, il disait avoir « appris à [ses] dépens à être sceptique », notant que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ainsi que l'état-major des armées françaises, avaient été les premiers à mettre à distance les évaluations de Washington sur le risque d'une guerre imminente, en février. « Et pourtant, ce sont les Américains qui avaient raison… » Sur ce point, le limogeage du chef du renseignement des armées en France appuie son argument. Quant au reste, il maintenait : « Les Français doivent être absolument souverains, nous nous défendrons tous seuls. » Jean-Luc Mélenchon n'a pas cillé quant à sa position « non alignée », ce qui, précise-t-il, ne veut pas dire « neutralité ». A gauche, ils étaient plusieurs avant la guerre à critiquer l'OTAN. Le candidat communiste, Fabien Roussel, a désormais mis à distance l'idée d'en sortir, pourtant présente dans son programme ; Yannick Jadot, qui estimait en 2019 que c'était une « coquille vide », se borne désormais à défendre la nécessité d'une défense européenne. Jean-Luc Mélenchon, lui, maintient.

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