Sur l’Ukraine, Scholz critiqué au sein de sa coalition


Olaf Scholz, après une réunion en visioconférence avec les dirigeants ukrainiens, à la chancellerie, à Berlin, le 19 avril 2022.

Olaf Scholz, après une réunion en visioconférence avec les dirigeants ukrainiens, à la chancellerie, à Berlin, le 19 avril 2022.

Olaf Scholz, après une réunion en visioconférence avec les dirigeants ukrainiens, à la chancellerie, à Berlin, le 19 avril 2022. LISI NIESNER / AFP

Jour après jour, la guerre en Ukraine électrise un peu plus le débat politique en Allemagne. De ce point de vue, la conférence de presse qu'a tenue Olaf Scholz, mardi 19 avril, n'a pas eu l'effet escompté. Accusé de ne pas aider l'Ukraine autant qu'il le pourrait, y compris au sein de sa majorité parlementaire, le chancelier allemand entendait démontrer que ces reproches étaient infondés. Il n'y est pas vraiment parvenu.

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Lors de son intervention, qui a duré une quinzaine de minutes, Olaf Scholz a certes prononcé quelques phrases fortes. « Nous ressentons une immense douleur pour les victimes et aussi une grande rage envers le président russe et cette guerre insensée », a-t-il déclaré, accusant Vladimir Poutine de « porter la responsabilité des crimes de guerre » commis en Ukraine.

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Reste que ce n'est pas là-dessus qu'était attendu le chancelier allemand. Depuis une dizaine de jours, plusieurs poids lourds de sa coalition, comme sa ministre des affaires étrangères, l'écologiste Annalena Baerbock, réclament qu'il donne son feu vert à la fourniture d'armes lourdes à l'Ukraine. Or, sur ce point, Olaf Scholz a continué, mardi, de se montrer évasif.

A un journaliste qui lui demandait si l'Allemagne allait livrer à Kiev des chars Leopard, il a répondu que l'idée était plutôt de fournir du matériel « utilisable immédiatement », en l'occurrence des armes issues de l'ex-URSS et possédées par des pays d'Europe de l'Est membres de l'OTAN. Berlin s'engagerait, par la suite, à fournir à ces derniers l'équivalent de ce qu'ils pourront livrer à l'Ukraine.

Lors de son intervention, pendant laquelle il a plusieurs fois rappelé qu'elle faisait suite à une visioconférence avec le président américain, Joe Biden, et plusieurs de ses homologues européens, Olaf Scholz a insisté sur le fait que l'Allemagne ne fait pas « cavalier seul » mais que sa position, notamment sur la question des livraisons d'armes, est à l'unisson de celle de ses alliés. « Il peut être utile de regarder le reste du monde et, quand on le fait, on se rend compte que ceux qui sont dans une situation comparable à celle de l'Allemagne font comme nous », a-t-il déclaré.

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L'argument n'a pas convaincu. « Trop peu, trop tard. L'Allemagne persiste dans son refus de livrer des armes lourdes. Elle laisse tomber l'Ukraine », a commenté le vice-président du groupe conservateur du Bundestag, Johann Wadephul (CDU). Si une telle réaction de la part d'un élu de l'opposition était attendue, les commentaires de certains membres de la majorité, en revanche, sonnent comme des avertissements à Olaf Scholz.

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