Ukraine : bombardée, Kharkiv a déjà connu cinq batailles... entre 1941 et 1944


Le 20 octobre 1941, alors que l'invasion de l'URSS par les troupes hitlériennes ralentit face à l'opiniâtre résistance de l'Armée rouge, deux divisions nazies s'apprêtent à conquérir Kharkov, deuxième ville d'Ukraine et cinquième cité de l'Union soviétique. Situé à 800 km des frontières du Reich et à 30 km du sol russe, ce centre de recherche est aussi un nœud ferroviaire stratégique, doublé d'un pôle militaro-industriel majeur. L'ensemble est desservi par un bon réseau routier et par trois aéroports dotés de pistes en dur – des infrastructures rares et fort utiles quand vient la raspoutitsa cette boue succédant au dégel qui rend impraticables les routes en terre.

« Prendre Kharkov, c'est achever la mainmise sur l'Ukraine », analyse l'historien Nicolas Bernard (1), qui précise : « Au sud, l'industrie lourde du Donbass et la Crimée, ainsi que les gisements pétrolifères du Caucase, une des cibles de l'opération "Barbarossa", se trouvent à portée de main. » Logique, donc, que Hitler en ait fait « un objectif plus important que Moscou », convaincu, disait-il, que « la capture de cette région aura pour conséquence l'effondrement certain de toute l'économie de l'ennemi ». Le calvaire recommence donc pour les 900 000 habitants de cette ancienne capitale de l'Ukraine soviétique, déjà occupée par l'armée du Kaiser en 1918 puis au cœur d'affrontements entre nationalistes et Armée rouge.

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