Ukraine : victimes civiles, destructions... Ce que l'on sait sur la situation à Borodianka


Vingt-six corps ont été extraits par les secouristes ukrainiens des décombres de deux immeubles d'habitation à Borodianka, a annoncé le 7 avril 2022 a procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova.

Vingt-six corps ont été extraits par les secouristes ukrainiens des décombres de deux immeubles d'habitation à Borodianka, a annoncé le 7 avril 2022 a procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova.

(Photo by Aleksey Filippov / AFP)

A Borodianka, la situation est "bien plus horrible" qu'à Boutcha avec "plus de victimes". Ce sont les mots du président ukrainien Volodymyr Zelensky pour décrire la situation dans cette ville située près de Kiev, qui comptait un peu plus de 13 000 habitants avant la guerre. Avec le retrait des troupes russes de la région de la capitale pour se concentrer sur l'est du pays, et notamment les régions du Donbass, des images terribles sont désormais dévoilées. 

Le massacre de civils à Boutcha, qualifié de "crimes de guerre" par de nombreux dirigeants occidentaux et de "génocide" par le chef d'Etat ukrainien, a déjà suscité l'indignation poussant les Etats membres de l'ONU à exclure la Russie de son Conseil des droits de l'Homme et de nouvelles sanctions contre Moscou. 

  • 26 corps extraits des décombres
  • Vingt-six corps ont été extraits par les secouristes ukrainiens des décombres de deux immeubles d'habitation à Borodianka, a annoncé jeudi 7 avril sur Facebook la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova.  

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    Mais "il est difficile de prévoir combien il va y avoir de morts" recensés au total, avait-elle aussitôt souligné, relevant que c'est "la ville la plus détruite de la région" de Kiev. 

    Borodianka, la ville la plus détruite de la région de la capitale selon la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova

    Borodianka, la ville la plus détruite de la région de la capitale selon la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova

    (Photo by Aleksey Filippov / AFP)

  • Preuves de crimes de guerre
  • "Seule la population civile a été visée : il n'y a aucun site militaire" dans cette localité récemment reprise par les forces ukrainiennes après le retrait des troupes russes de la région de la capitale, a poursuivi la procureure générale. 

    Iryna Venediktova a affirmé que les Russes y avaient utilisé des bombes à sous-munitions et des lance-roquettes multiples lourds "qui apportent la mort et la destruction". "Il y a des preuves des crimes de guerre des forces russes à chaque tournant", a-t-elle encore écrit. "L'ennemi a traîtreusement bombardé les infrastructures résidentielles le soir, quand il y avait un maximum de gens chez eux", a-t-elle dénoncé. 

  • Meurtres, tortures, viols...
  • Iryna Venediktova a accusé les soldats russes de s'être livrés à "des meurtres, des tortures et des passages à tabac" de civils, ainsi qu'à des viols, soulignant que les forces de l'ordre recueillaient des preuves pour les tribunaux locaux et internationaux. 

    La ville de Borodianka est méconnaissable, comme éventrée. Les bâtiments, détruits, ont répandu leur contenu, principalement des vêtements, sur les cimes des arbres. Un immeuble au trou béant rappelle les explosions qui sont passées par là, de même que ce matelas carbonisé, qui pend à l'air libre. Un tank calciné est garé dans les entrailles d'un bâtiment dévasté. Des jouets d'enfants sont éparpillés partout dans la rue, trop nombreux pour être comptés. Rien n'est à sa place. Certaines maisons n'existent tout simplement plus. 

    Un bâtiment résidentiel détruit, dans la ville de Borodianka, au nord-ouest de Kiev

    Un bâtiment résidentiel détruit, dans la ville de Borodianka, au nord-ouest de Kiev

    (Photo by Genya SAVILOV / AFP)

    Les fenêtres sont brisées, et les vestiges d'une vie autrefois vécue dans le huis clos des appartements sont désormais dispersés dans la rue : un réfrigérateur couvert d'aimants, un tapis oriental marron accroché à un mur, un bloc de couteaux de cuisine étrangement intact. 

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    Aujourd'hui, les maisons ne sont plus qu'un amas de briques et de métal, qui s'entrechoquent au rythme du rude vent ukrainien. Valentyna Petrenko a fait le chemin depuis le village voisin pour témoigner de l'horreur. "Quand les [soldats] Russes sont arrivés, ils ont pris nos portables et ont dévalisé des maisons. Nous avons essayé de nous comporter normalement avec eux, pour ne pas les provoquer", relate auprès de l'AFP cette femme de 67 ans, sur le pont démoli à la périphérie de la ville. "Un missile a frappé notre village, ma maison était en ruines, tout était en ruines", dit-elle. "Les Russes ont commis des atrocités, beaucoup d'atrocités." 

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