Par SudOuest.fr avec AFPPublié le 12/03/2022 à 7h52
Plus de passe vaccinal, fin presque totale du masque obligatoire⦠La France va franchir un cap dans sa lutte contre lâépidémie de Covid-19, lundi 14 mars, alors que les chiffres sont repartis à la hausse ces derniers jours
Le gouvernement français sâapprête à lever lundi lâessentiel des restrictions anti-Covid, suivant lâexemple dâautres pays européens malgré de premiers signes de reprise de lâépidémie. Au programme, « la levée de presque lâintégralité des mesures restantes à compter de lundi prochain », a résumé mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à la sortie du Conseil des ministres. Deux ans après le premier confinement anti-Covid, « ces avancées nous les attendions depuis très longtemps, les Français les attendaient, elles marquent un pas décisif », sâest-il félicité, alors que les restrictions avaient déjà été progressivement allégées ces dernières semaines dans un contexte de déclin de lâépidémie.
Lâétape de lundi se résume à deux grandes mesures. Le passe vaccinal, qui impose dâêtre vacciné contre le Covid pour accéder à de nombreux lieux, sera levé même si sa version « sanitaire », qui fonctionne aussi avec un test négatif au virus, sera maintenue dans les établissements de santé au sens large : hôpitaux, Ehpad⦠Le masque, lui, ne sera plus obligatoire, à lâexception des transports et, là encore, des établissements de santé. Cet allégement concerne notamment les écoles, les commerces et les entreprises, qui garderont le choix de lâimposer ou non à leurs employés. Les cinémas, restaurants ou musées nâétaient déjà plus soumis à cette obligation depuis fin février. Avec ce vaste allégement, la France suit lâexemple de plusieurs pays européens, à commencer par le Danemark qui a lancé le mouvement début janvier.
Sur le même sujet
« Le Covid ne baisse plus, il augmente même » a constaté le ministre de la Santé
« Considérations électorales »Mais la date choisie apparaît paradoxale au moment même où « le nombre de cas [â¦] semble ne plus diminuer », selon les termes de Gabriel Attal, un euphémisme alors que lâépidémie enregistre un petit rebond depuis plusieurs jours. Celui-ci est en partie lié à une moindre vigilance des Français - logique alors que la fin des restrictions est annoncée depuis des semaines - et à lâessor de « BA.2 », une version particulièrement transmissible du variant Omicron, déjà très contagieux dans sa précédente incarnation. Le gouvernement se dédit donc, car il avait dit quâil ne mettrait fin au passe vaccinal que si lâépidémie cessait sa progression.
Une autre condition, évoquée voici plusieurs semaines par le ministre de la Santé, Olivier Véran, nâest pas non plus remplie pour lâheure. La fin du passe était censée intervenir à moins de 1 500 personnes hospitalisées en réanimation avec le Covid. Plus de 1 800 patients étaient encore dans ce cas en cette fin de semaine. Certes, Olivier Véran a tempéré vendredi lâenthousiasme du gouvernement, promettant de rester « extrêmement vigilants ». Cela ne suffit pas à rassurer certains médecins et chercheurs qui regrettent un allégement quâils jugent illisible, trop précoce et suspect de démagogie à un mois de lâélection présidentielle lors de laquelle le chef de lâÃtat, Emmanuel Macron, est candidat à un nouveau mandat.
Sur le même sujet
Les gestes barrières tombent, les masques sâenvolent, en même temps que les indicateurs du Covid-19 dans la région sâeffondrent. Toutefois, le risque dâinfection même sâil est moins fréquent, demeure. Le point
Quid des immunodéprimés ?Le gouvernement obéit plus à des « considérations électorales que de santé publique », a estimé cette semaine dans le journal Libération lâépidémiologiste Dominique Costagliola. Ces chercheurs sont moins inquiets de la fin du passe vaccinal, dont lâeffet sur lâépidémie reste très incertain, que de la levée de lâobligation du port du masque. Ils se préoccupent surtout du sort des personnes immunodéprimées, à qui la vaccination fait peu dâeffet. Mais si une partie du monde médical sâinquiète, ce nâest pas le cas du monde politique, signe que le retour à la normale fait largement consensus.
Aucun adversaire dâEmmanuel Macron, à gauche comme à droite, nâa jugé trop rapide lâallégement des mesures, dans un contexte surtout dominé par la guerre en Ukraine et, dans une moindre mesure, des considérations économiques comme les retraites ou le pouvoir dâachat. Au-delà du consensus politique, le gouvernement peut aussi sâappuyer sur des prévisions relativement optimistes de lâInstitut Pasteur, dont les modélisations servent de base au Conseil scientifique qui, en retour, conseille lâÃtat dans la crise sanitaire.
Même dans le pire des cas, lâInstitut estime que la vague sera loin du pic observé en début dâannée à plus de 300 000 cas par jour. Quant aux effets sur les hospitalisations, lâenjeu le plus crucial, ils seraient limités par le fait quâOmicron - dans sa version BA2 comme dans sa précédente incarnation - apparaît nettement moins dangereux que son prédécesseur Delta, quâil a désormais presque totalement supplanté.
0 Comments