TÉMOIGNAGE. Ce Français est parti en Ukraine, « sur la ligne de front de nos démocraties


« Les enfants ukrainiens qui meurent sont les nôtres », insiste Florent Coury. © DR « Les enfants ukrainiens qui meurent sont les nôtres », insiste Florent Coury.

Florent Coury, 39 ans, marié et père de trois enfants, s'est engagé dans la légion internationale auprès des combattants ukrainiens. Formé à l'Essec et Sciences Po, il a occupé des postes à responsabilités dans les groupes Fiat-Chrysler, Roullier à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et Renault à Flins (Yvelines). « La cause de l'Ukraine est celle de tous les peuples libres », dit-il.

Il est l'un des premiers Français à avoir répondu à l'appel à l'aide du président Volodymyr Zelensky. Depuis dix jours, Florent Coury se trouve en Ukraine, au sein de la légion internationale. Parti de Bruxelles le 1er mars, il a rallié Cracovie, en Pologne, puis rejoint un centre de recrutement à l'ouest de Kiev. Quarante-huit heures de voyage en avion, train et bus. Rien ne doit filtrer sur son lieu précis d'affectation, pour des raisons de sécurité.

Sa décision de s'engager, cet homme de 39 ans l'a prise en 24 heures, au lendemain de l'invasion russe. Il en a parlé à son épouse, un peu à ses enfants âgés de 8, 6 et 3 ans. C'est tout ! Ses autres proches et ses amis n'en ont pas été informés, ou seulement à son arrivée dans le pays en guerre. Un changement de vie radical…

Florent Coury n'est pas un va-t-en-guerre. Il n'a pas fait son service militaire et ne saurait survivre 24 heures dans les bois, dit-il. Ancien du lycée Louis-le-Grand à Paris, formé à l'Essec, puis à Sciences Po, il a multiplié les responsabilités au sein du groupe Fiat-Chrysler, avant de travailler pour l'entreprise Roullier, basée à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), puis à la direction de l'usine Renault de Flins (Yvelines).

Des entraînements dans le froid

Lui, qui dit appartenir à la gauche républicaine et sociale et affirme être un Macroniste, a quitté sa « vie matérielle confortable » exclusivement par conviction. « Aujourd'hui, l'Ukraine est la ligne de front de nos démocraties, insiste-t-il. La cause de l'Ukraine est celle de tous les peuples libres. La liberté ne se défend qu'en prenant le risque de tout sacrifier. Les enfants ukrainiens qui meurent sont les nôtres ! »

Durant plusieurs jours, Florent Coury a multiplié les entraînements dans le froid, s'est exercé au maniement des armes, a appris les gestes de secours… Une vie rythmée par des alertes aux bombardements et des descentes dans les bunkers. Depuis vendredi, il est affecté à des tâches administratives et à l'aide aux journalistes.

« Mon lieutenant américain m'a dit que j'étais davantage adapté à un rôle de communication qu'à celui d'un combattant de première ligne. N'ayant aucune expérience militaire, je m'y attendais. Je le regrette, mais je fais mienne la phrase du Maréchal de Lattre de Tassigny : Frapper l'ennemi, c'est bien, frapper l'imagination, c'est mieux. »

Sa mission consiste, maintenant, à témoigner, à donner l'exemple, à attirer des volontaires (combattants, médecins, secouristes). Autant de « chevaliers » venus de pays lointains, indispensables pour défendre la dignité du peuple ukrainien. C'est précisément l'histoire qu'il a racontée à ses trois enfants, à la veille de son départ…

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