Alors que se profile une future grande bataille dans le Donbass, l'armée ukrainienne tente de se rééquiper. Elle a besoin de blindés, de missiles, d'avions de combat pour continuer à tenir tête aux Russes.
Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a demandé ce jeudi matin aux membres de l'Otan de fournir davantage d'armes à son pays pour combattre les forces russes. Je viens demander trois choses : des armes, des armes et des armes […]. Nous avons besoin d'avions, de véhicules blindés, de défense antiaérienne, a insisté le ministre ukrainien.
Des armes, l'armée ukrainienne en a reçu des milliers, en particulier des missiles antichars et des missiles sol-air qui se sont avérés redoutables face aux colonnes blindées et à l'aviation russes. Mais alors que se profile une terrible bataille terrestre dans le Donbass, il lui en faut davantage pour équiper les forces qui vont être jetées dans la bataille. Et pour remplacer les centaines de pièces d'équipements détruites : certaines sources américaines avancent des chiffres catastrophiques : 95 % de l'aviation hors de combat, 91 % des chars, 57 % des blindés de combat de l'infanterie, 56 % des systèmes de défense antiaérienne…
Certes, les Ukrainiens ont capturé un impressionnant arsenal abandonné par les Russes mais ils risquent d'être submergés si les livraisons d'armes étrangères ne s'intensifient pas rapidement.
Déjà des pays voisins, comme la Slovaquie et la République tchèque (qui a par ailleurs prélevé des chars T-72 et des blindés BVP-1 sur ses propres stocks pour les livrer à l'Ukraine), ont accepté de réparer les véhicules blindés endommagés que l'équipementier ukrainien Ukroboronprom State Corporation a du mal à remettre en condition du fait des attaques russes contre ses sites.
Des livraisons en cours
L'Australie avait déjà répondu à l'appel initial de Zelensky en livrant des Bushmaster, un véhicule blindé de transport de troupes construit par la filiale australienne du groupe industriel français Thales et qui équipe aussi les armées néerlandaises et britanniques.
Côté britannique, il a été promis l'envoi de véhicules de combat de l'infanterie de type Mastiff ou Jackal, qui pourraient être utilisés comme véhicules de reconnaissance par les forces ukrainiennes. Des annonces prochaines pourraient aussi porter sur des pièces d'artillerie.
Les Américains poursuivent leurs livraisons et, comme ils viennent de le reconnaître, la formation de militaires ukrainiens aux États-Unis même. Quelques militaires seraient en effet entraînés à la mise en œuvre des munitions de type Switchblade 600, des armes vagabondes antichars (aussi appelées drones tueurs) dont une centaine d'exemplaires ont été livrés aux Ukrainiens.
C'est enfin du côté de l'Allemagne que Kiev place de grands espoirs. Berlin a livré des armes antichars en grand nombre mais les Ukrainiens ont sollicité la fourniture de cent blindés Marder. La Bundeswehr remplace actuellement ce blindé chenillé un peu âgé par des Puma et le fabricant du Marder Rheinmetall en aurait 250 prêts à être vendus. Pour l'instant, le gouvernement allemand fait la sourde oreille. Selon le quotidien Die Welt, la ministre de la Défense Christine Lambrecht aurait même refusé.
Urgence opérationnelle
Les trois prochaines semaines vont être critiques dans l'est de l'Ukraine et pourraient déterminer l'issue de la guerre.
L'urgence et la gravité de la situation tactique vont-elles accélérer et intensifier les livraisons ? C'est certain et l'on pourrait même voir les Polonais livrer directement aux Ukrainiens les fameux Mig-29 tant attendus par l'armée de l'Air ukrainienne et dont Washington a, jusqu'à présent, refusé la fourniture.
Nous savons nous battre. Nous savons comment gagner, a rappelé le ministre ukrainien au siège de l'Otan à Bruxelles. Mais sans un approvisionnement durable et suffisant de toutes les armes demandées par l'Ukraine, cette victoire imposera d'énormes sacrifices.
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