Ukraine : 3000 personnes réussissent à quitter Marioupol, ville assiégée par la Russie


Plus de 3 000 personnes ont fui la région de Marioupol, en bus et voitures privées, ont annoncé les autorités ukrainiennes vendredi. La ville portuaire, un des objectifs principaux de la Russie en Ukraine, est toujours assiégée. Environ 160 000 personnes sont bloquées, sans eau ni électricité, dans une ville détruite par les bombes.

« Aujourd'hui (vendredi), les couloirs humanitaires ont fonctionné dans trois régions : Donetsk, Lougansk et Zaporojie. Nous avons réussi à sauver 6 266 personnes, dont 3 071 de Marioupol », a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky via une vidéo diffusée dans la nuit de vendredi à ce samedi, 37 ours après le début de l'invasion russe.

Selon les journalistes de l'AFP présents sur place, une trentaine de bus venant d'autres villes, Berdiansk et Melitopol ont pu embarquer les civils de Marioupol, terrés dans des bunkers, alors que l'accès à l'eau et à la nourriture est très difficile. 771 personnes ont quant à elles fui par leurs propres moyens, selon le bilan de la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, soulignant que d'autres évacuations étaient « attendues et planifiées », ce samedi.

Des évacuations partielles

Après des semaines de bombardements de cette ville stratégique sur la mer d'Azov, qui, si elle tombe aux mains des Russes relierait la Crimée aux deux républiques séparatistes prorusses du Donbass, les autorités locales ont fait état d'au moins 5 000 habitants tués. Les évacuations de civils, impossibles pendant des semaines, se font désormais, progressivement, non sans difficultés.

Une femme âgée traverse une rue près d'un bâtiment endommagé au cours du conflit entre l'Ukraine et la Russie dans la ville portuaire du sud de Mariupol, en Ukraine, le 1er avril 2022. Reuters/Alexander Ermochenko

La Croix-Rouge prépare ce samedi une nouvelle tentative d'évacuation de la ville dévastée, après un premier échec : vendredi, l'institution a annoncé que son équipe envoyée à Marioupol avait dû rebrousser chemin, l'évacuation prévue de milliers de civils de cette ville portuaire assiégée par les forces russes étant « impossible » ce jour. « L'équipe du CICR, qui comprend trois véhicules et neuf personnes, n'a pas atteint Marioupol et n'a pas pu faciliter le passage en toute sécurité des civils aujourd'hui », avait alors déclaré l'organisme dans un communiqué. « Ils essayeront à nouveau samedi de faciliter le passage en toute sécurité de civils de Marioupol », a ajouté la Croix-R ouge.

En arrivant dans la banlieue de Zaporojie, certains évacués pleuraient de soulagement d'être de retour en territoire ukrainien. Plusieurs évacués ont déclaré à l'AFP qu'elles avaient dû marcher 15 km ou plus pour quitter la ville, avant de trouver des véhicules privés pour poursuivre leur voyage.

« Notre ville n'existe plus »

Leur voyage s'est terminé par un trajet en bus de 12 heures qui a serpenté à travers une série de points de contrôle avant d'arriver à Zaporojie, un voyage qui n'aurait pris que trois heures avant la guerre. « J'en pleure, je viens juste de voir ma petite-fille », a dit Olga, une Ukrainienne qui attendait au centre organisé à Zaporojie pour les familles de déplacés.

Un homme fait du vélo près d'une succursale de la PrivatBank fortement endommagée au cours du conflit entre l'Ukraine et la Russie, dans la ville portuaire de Mariupol, au sud de l'Ukraine, le 1er avril 2022. Reuters/Alexander Ermochenko

« La famille de sa mère est toujours à Marioupol et nous ne savons pas s'ils sont en vie », a-t-elle ajouté. « Il n'y a pas de mots pour dire combien je suis heureuse de la voir en sécurité ». De récentes images satellites ont montré l'ampleur des destructions. Sur des centaines de mètres, on aperçoit des bâtiments éventrés et des ruines. « Nous étions en train de pleurer lorsque nous avons atteint cette zone. Nous avons pleuré lorsque nous avons vu des soldats au poste de contrôle avec des écussons ukrainiens sur leurs bras », a confié Olena, sa petite fille dans les bras. « Ma maison a été détruite. Je l'ai vu sur des photos. Notre ville n'existe plus ».

Ces habitants de Marioupol avaient réussi ce vendredi à rejoindre la ville de Berdiansk, occupée par les forces russes, où elles avaient été prises en charge par le convoi, selon les témoignages d'arrivants à l'AFP et des responsables officiels.

Valentina Popyi, 75 ans, résidente locale et retraitée, qui cherche refuge dans un foyer pour enfants endommagé au cours du conflit entre l'Ukraine et la Russie, parle avec des voisins dans la ville portuaire de Mariupol, dans le sud de l'Ukraine, le 1er avril 2022. Reuters/Alexander Ermochenko

Au 37e jour de l'invasion de l'Ukraine décidée par Moscou, les forces russes desserrent leur étau sur Kiev et Tcherniguiv et se regroupent pour se concentrer sur l'est du pays. Si l'évacuation des civils est régulièrement mise sur la table lors des négociations, l'Ukraine accuse régulièrement la Russie de ne pas tenir les cessez-le-feu promis et de tirer sur les civils. Le Kremlin a de son côté prévenu que la frappe Ukrainienne par hélicoptère sur son sol, vendredi.

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