Par SudOues.fr avec AFPPublié le 04/04/2022 à 12h42Mis à jour le 04/04/2022 à 12h47
Les pays européens, révoltés par les images de plusieurs dizaines de cadavres retrouvés dans les environs de Kiev, discutent dâun alourdissement des sanctions contre Moscou. La Russie nie tout massacre et dénonce une provocation
La découverte des charniers et des centaines de corps jonchant les rues de Bucha et les environs de Kiev ont scandalisé la communauté internationale. Les pays européens discutent officiellement ce lundi 4 avril dâun alourdissement des sanctions contre Moscou, accusé de « génocide » en Ukraine.
Selon le haut représentant de lâUnion européenne Josep Borrel, la diffusion de ces images a révulsé les Occidentaux et lâUE, notamment la France et lâAllemagne. Le secrétaire général de lâONU Antonio Guterres sâest dit dimanche « profondément ». Le bureau des droits de lâHomme des Nations unis a évoqué de « possibles crimes de guerre ». Dans le même temps, le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a réclamé la comparution des coupables « devant la Cour pénale internationale ». Son homologue polonais a appelé à créer une commission dâenquête internationale sur ce sujet.
Des sanctions « dévastatrices » à venir ?Les Occidentaux veulent désormais adopter de nouvelles mesures contre Moscou, après avoir déjà acté plusieurs trains de sanctions depuis le 24 février et le début de lâinvasion russe, ciblant massivement des entreprises, des banques, des hauts responsables, des oligarques. Mais quelles sanctions ? Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a cadré ses attentes dans un tweet : « Jâexige de nouvelles sanctions dévastatrices du G7 MAINTENANT : embargo sur le pétrole, le gaz et le charbon, fermer tous les ports aux navires et marchandises russes, déconnecter toutes les banques russes de SWIFT. »
La pression porte ainsi sur les hydrocarbures, importante ressource financière pour la Russie. Dès samedi, les Etats baltes avaient annoncé la cessation de leur importation de gaz russe, et le président lituanien Gitanas Nauseda, avait appelé le reste de lâUE à les suivre. Les Etats-Unis ont interdit lâimportation de pétrole et de gaz russes peu après lâinvasion de lâUkraine, mais pas lâUE qui sâapprovisionnait en Russie à hauteur de 40 % environ en 2021.
Moscou dénonce une « provocation »De son côté, Moscou a démenti toute exaction de son fait et annoncé ce lundi quâelle allait enquêter sur une « provocation » visant à « discréditer » les forces russes en Ukraine.
La Russie a même demandé une réunion du Conseil de sécurité de lâONU pour statuer sur les « provocations haineuses » commises selon elle par « des radicaux ukrainiens » à Boutcha. « Le mal absolu est venu sur notre terre », avait dénoncé la veille au soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le massacre de Boutcha encore à quantifierLe nombre total de morts dans ces lieux dâexactions reste encore incertain. Selon la procureure générale dâUkraine Iryna Venediktova, les corps sans vie de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes, qui sâen sont retirées pour se redéployer vers lâest et le sud. Les reporters présents sur place ont vu les cadavres dâau moins 22 personnes portant des vêtements civils dans des rues, tuées dâ« une balle dans la nuque », aux dires du maire, Anatoli Fedorouk.
Il a aussi affirmé que « 280 personnes » avaient été enterrées « dans des fosses communes ». La guerre, intense, a fait, a minima, des milliers de morts et contraint à lâexil près de 4,2 millions dâUkrainiens, à 90 % des femmes et des enfants depuis le 24 février.
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